pfft. bon, cette journée faisait partie de ces journées où on a plutôt intérêt à rester positif et s'adapter, sinon c'est la catastrophe (aka : soit en crise de rage, soit en crise de larmes).
j'ai fait ma toute première expérience en Couch Surfing qui c'est plutôt bien passée je dois dire. pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, Couch Surfing est une communauté sur internet un peu dans le même genre que le covoiturage (les gens proposent un trajet de telle ville a telle ville, et les personnes qui sont intéressés les contactent, arrangent un prix et voyagent ensemble), sauf que ce qu'on propose ce n'est pas sa voiture, mais son canapé clic-clac pour la nuit (d'ou le nom de 'couch' surfing). la seule différence, c'est que c'est gratuit ! ce dernier point peut poser quelques problème dans certains cas, parce qu'il y a évidemment des gens qui en profitent et traitent leurs bienfaiteurs comme un hôtel gratuit. mais, on dirait que c'est une minorité, et en général, ça semble se passer plutôt bien.
le but de toute l'histoire, c'est bien-sûr de faire des rencontres, mais surtout d'échanger (très important, ce mot dans la vie ne général, je m'en rends de plus en plus compte). des opinions, des expériences et tout et tout.
je dois dire que je suis encore un peu mal à l'aise en me disant que, simplement parce que je le leur demande, les gens m'acceuillent chez eux, me prètent un lit, me font à manger et tout ça gratuitement. j'ai vraiment l'impression de leur devoir quelque chose en retour... mais apparamment, non.
ce qui rend les choses encore plus bizarres, c'est que ces premiers CouchSurfers qui m'ont acceuilli sont propriétaires d'un hotel. ce qui me donne l'impression de leur faire perdre de l'argent... et d'un autre côté je me dis aussi : c'est eux qui se sont inscrits sur ce site en disant qu'ils seraient prêts à loger des gens - s'ils ne voulaient pas le faire, ils auraient simplement pu dire non quand je leur ai envoyé la demande - ou encore, ne pas s'inscrire tout court...
pas facile tout ça.
bref. aujourd'hui, j'avais pour projet d'aller visiter les ruines des missions jésuites (admirablement bien conservées, paraît-il) au Paraguay. ce n'est vraiment pas loin (20 km grand maximum), le seul problème c'est qu'il y a un énorme fleuve entre les deux.
donc suivant les conseils de mes hôtes, il fallait que je prenne le bus jusque Corpus, puis un bateau pour traverser et une fois de l'autre côté, le bus jusque Trinidad. mais attention : on est dans la province ici ; même si on est en automne et qu'il ne fait plus une chaleur étouffante sur l'heure de midi, c'est la siesta obligatoire de midi à 14h (plus ou moins. généralement plus). ce qui veut dire : pas de bateau a ces heures-la, il faut donc partir assez tôt pour pouvoir traverser.
j'ai donc quitté la maison à 10h. et j'ai attendu le bus.
pendant plus d'une heure.
bon.
apres 15 min de trajet, on arrive à Corpus. je demande au chauffeur où se trouve donc cette fameuse barque. et là j'apprends qu'en fait, c'est trois kilomètres à côté du village. génial.
bon et bien on va prendre le taxi.
le temps d'arriver là-bas, il était 11h40. je me suis dit : 'bien, il reste vingt minutes, c'est bon !' je vais quand même me renseigner sur les horaires de retour.
et là on m'informe qu'en fait, la dernière barque de la matinée a déjà traversé. 'mais, et la traversée dure combien de temps ? le fleuve est très large, certes, plus ou moins 350m, mais enfin ?!!' - 'elle dure 30 min mademoiselle. la première de l'après-midi est à 14h.' - 'ah. et la dernière barque de la journée ?' - 'à 16h30'.
ce qui ne me laissait le temps de rien faire du tout.
reste plus qu'à annuler, alors.
heureusement que le taxi était encore, là !
retour à Corpus. en regardant le paysage sauvage à travers la fenêtre, j'ai demandé au chauffeur : 'au fait, il y a un bus de l'autre côté ?' - 'non, je ne crois pas. de l'autre côté, c'est comme ici ; il n'y a rien.'
génial. à ce moment-la, j'avais une forte envie de fondre en larmes. mais non, merde! les voyages, c'est comme ça. oú est passé ta capacité d'adaptation, Mathie ? donc, finalement, j'ai payé le taxi et je suis allée faire une balade dans la forêt.
la latérite rouge rouge. la végétation composée d'un mélange entre plantes familières et exotiques. dense. et des odeurs de printemps, bizarrement.
joli, mais j'ai quand mème dû attendre le bus pendant 2h30 pour rentrer. et il s'ens mis à pleuvoir sur Misiones. ce qui est pas mal pour les gens d'ici : parait que tout est asseché, alors qu'on est en automne et qu'il est censé beucoup pleuvoir à cette période.
enfin voilà. journée... ratée on va dire.
mais bon, il y en a aussi.