Trinoculaire

le carnet de voyage.
un voyage, c'est avant tout des gens qui partent (en l'occurence, juste moi) et des gens qui restent (ça, c'est vous). mais aussi des découvertes, des aventures, des futurs souvenirs, des moments difficiles, des rencontres, des sourires pleins les poches, un apprentissage, une épreuve, une récompense - une envie de partir pour mieux revenir.
et parce que tout ça, ça fait beaucoup pour une seule personne, bein autant partager !

jeudi 30 juin 2011

je rentre.

voila. c'est la fin. et un debut aussi.
triste de partir. heureuse de rentrer. un peu peur de rentrer aussi.

mais surtout, en voyant ces 111 jours de voyage derrière moi, je me dis que, là, j'ai vraiment de quoi être fière.
et ça, ça ne m'arrive pas souvent.


ce moment d'autocongratulation mis à part, je voulais dire (écrire, plutôt) aussi un mot de gratitude à tous ceux qui ont croisé mon chemin.
merci à tous ceux qui m'ont proposé leur aide alors que je n'avais rien demandé.
merci à ceux qui m'ont offert leur amitié - que ça soit pour la durée d'une soirée, d'une apres-midi ou d'une semaine.
merci de m'avoir fait découvrir à travers vous, une humanité riche, pauvre, colorée, terrible, magnifique -  et généreuse surtout.
merci d'avoir été là, parce que à chaque rencontre j'avais l'impression que j'y voyais un peu plus clair.
merci d'avoir partagé vos histoires avec moi.

parce que, finalement : la vie est une belle histoire.

lundi 27 juin 2011

retour à la case départ

retour a Buenos Aires hier.
super excitée parce que ça signifie que je rentre bientôt.
d'un autre côté j'ai du mal à réaliser vraiment ce que ça signifie. c'est réel là, on y est.

j'ai vu plein de choses, et ce qu'en j'en retiens, et bien c'est simplement que l'homme est humain partout sur terre... pour les bonnes comme pour les mauvaises choses.

et puis, 
est-ce que j'aurai changé ?
mais change-ton vraiment ?

vendredi 24 juin 2011

bizarre, bizarre...

je vous jure, c'est pas une blague : dans l'auberge où je suis, il sont en train d'accrocher des décorations de Noël dans tous les coins... et ce soir, la grosse guindaille... ça promet!

24 juin en Argentine = version pervertie de Noël.

eh bein ! on aura tout vu...

mardi 21 juin 2011

reflexionnations a Mendoza

je suis arrivée a Mendoza hier, et après quelques enquiquinements point de vue argent/carte bancaire et université (tous règlés, ¡por fín!), ça y est, on souffle.

Mendoza à premiere vue n'a rien d'extraordinaire (ou peut-être que je deviens simplement blasée parce que j'en ai deja vu quelques unes des villes comme ça). mais il y a une certaine douceur dans l'ambiance, peut-être parce que c'est une ville très aérée : beaucoup de petites placettes où les gens se réunissent pour boire un maté ou pour profiter du soleil, et les bâtiments ne font en moyenne pas plus de deux étages. sans parler des immenses platanes qui bordent toutes les allées du centre ville... j'aime les arbres.

aujourd'hui j'ai loué un vélo pour faire la route des vins de Mendoza. un peu à l'écart de la ville, il y a un village qui se nomme Maipú et qui compte à peu pres autant de bodegas (vignobles) que d'habitants. j'exagère... un peu :) on peut en visiter la plupart... et puis déguster bien-sûr. mais à Maipú, on ne fabrique pas que du vin, il y a aussi des productions d'olives et d'huile d'olive et des petits artisanats de liqueurs, de chocolat et de confitures.
deviez quoi ? j'ai fini par 'déguster' (j'aime bien ce mot. il a quelque chose de ridiculement... pointu ^^) bien plus de chocolat, de confiture et de liqueurs que de vin.
liqueur de chocolat-banane. liqueur de rose. et... de l'absinthe ! sisi vous avez bien lu : de l'absinthe.
didjou que ça brûle (vous me direz : 75 pourcent d'alcool, c'est normal). mais bon, une expérience de plus à rajouter à ma liste :)
__________

l'Argentine... difficile a décrire. d'un côté on peut dire que ce pays est à l'Amerique du Sud ce que les Etats-Unis sont à l'Amérique du Nord.
comme les USA, l'Argentine est un pays qui ne compte presque plus de population indigène, décimée en quasi totalité tout au long de son histoire. les gens d'ici sont beaucoup plus typés européens (italiens/espagnols), mais il gardent quelque chose d'indéniablement... latin ? différent ? je ne sais pas trop comment le décrire.
comme les USA, l'Argentine est un pays immense avec des régions très peu peuplées, d'autres beaucoup plus : 60 pourcent de la population argentine se concentre autour de Buenos Aires, par exemple. ce qui fait qu'il y a des espaces intouchés (ou presque) tout simplement immenses. d'ailleurs, y rouler en voiture doit être vraiment ennuyeux : parfois, les routes font des lignes droites pendant une centaine de kilomètres.
et l'Argentine a sa propre version du cowboy : le gaucho. chevaux, betail, chapeau en cuir, lasso et compagnie.

il y a quelque chose que j'aime beaucoup en Argentine, c'est que le contact entre les personnes est très important (en tout cas. c'est comme ça que je le ressens). que ce soit pour discuter, pour rigoler, pour s'aider, pour débattre ou pour se crêper le chignon, l'important c'est l'échange entre les personnes.
je trouve ça d'autant plus... remarquable (?) que en Europe, j'ai l'impression qu'on a tendance à devenir indifférent les uns envers les autres. un étranger est plus considéré comme une menace potentielle que comme un être humain avec ses propores petits bonheurs, peurs, incertitudes et rêves.
les Argentins sont d'ailleurs les personnes les plus serviables que j'aie rencontrées (je généralise, là. je sais qu'il faut s'en méfier, mais dans ce cas je pense que c'est justifié).

bon. en Argentine, pas moyen de trouver de yaourt nature (il y en a au kiwis, au melon, a la vanille, avec ou sans muesli, mais nature, ça non) et le pain d'ici est souvent tellement sec que en Europe on vendrait ça sous la dénomination de cracotte. les hostals n'ont jamais de poubelles dans les chambres et les salles de bains n'ont souvent ni bac de douche, ni rideau de douche, ce qui fait qu'on a intérêt a planquer ses vêtements dans un coin et mettre son essui dessus si on ne veut pas les retrouver trempés.
mais c'est comme ça.

'mieux' et 'pire' n'existe pas. c'est juste different.

aujourd'hui est le jour le plus court de l'année. 
ça y est, on est en hiver maintenant.

samedi 18 juin 2011

(é) change

le chien blanc. 4 condors. un doigt pointé. le vent. du sable. canyon. montagnes. asado. rencontres. aide. générosité. voyage.



franchir toutes les frontières. 
jusqu'à s'en affranchir.

la fin n'existe pas 

jeudi 16 juin 2011

humahuaca-jujuy-salta-cafayate-tucuman-larioja-villaunion. je ne veux même pas savoir combien de kilomètres ça fait.

des bus des bus des bus et encore, des bus. j'en ai ma claque.
sauf que c'est le meilleur moyen de decouvrir les paysages argentins.

c'est grand, l'Argentine...

jeudi 9 juin 2011

Purmamarca. Salinas Grandes. Tilcara. Humahuaca. Iruya.

direction le lointain nord ouest de l'Argentine, presque jusqu'à la frontière bolivienne.

la haute montagne se pare ici de toutes les couleurs de la palette du peintre (d'ailleurs, c'est comme ça qu'on appelle la zone entre Purmamarca et Tilcara : la paleta del pintor). qui a dit que le monde mineral etait gris et monotone ?

c'est ici aussi qu'on trouve la plus grande saline d'Argentine, vestige d'un temps perdu où la mer habitait encore les sommets de la cordillère.
c'est tellement blanc qu'on en a les yeux qui brûlent. et le regard ne rencontre pas grand chose une fois le dos tourné aux salines proprement dit. d'ailleurs, le vent en a fait son terrain de jeu et au loin, on peut le voir s'amuser à soulever la poussière des chemins en tourbillons de sable. de près on le sent aussi d'ailleurs. il souffle fort, il pousse, comme pour nous chasser nous, intrus, de ces terres qui sont faites pour lui.

Tilcara signifie 'étoile filante' dans la langue indigène. on m'a dit qu'on peut en voir parfois pres d'ici, chose rare, parait-il, en Argentine.
une fois sur les hauteurs du village, on se retrouve devant tant d'immensité que le regard ne sait plus où se poser. mais c'est pas grave : l'immensité ne se voit pas, elle se sent.

Humahuaca est comme la dernière marche avant d'arriver aux hauts plateaux boliviens. on se croirait un peu au bout du monde, mais c'est avant d'avoir vu Iruya adossé à deux falaises comme pour s'assurer de ne pas tomber dans l'infini qui commence deux pas plus loin.
pour y arriver, on traverse des paysages où les pierres sont de toutes les couleurs et derrière lequelles quelques touffes d'herbes tentent en vain de cacher leur toupet.

l'eau s'y est fait sculpteur et creuse des rides aux montagnes vieilles comme le monde...

je sais, je sais. toutes cette poésie sans photo pour preuve, ça sonne creux (tu parles !) mais chaque chose en son temps. plus que deux semaines et je serai rentrée :)

:)

j'ai reçu un mail de l'université disant qu ils avaient un logement pour moi. et là où que je voulais en plus.


je viens de realiser qu'il reste a peine plus de trois semaines.
c'est rien trois semaines. et c'est beaucoup.

drôle de chose, le temps.

lundi 6 juin 2011

les missions jesuites

après mes lamentations sur mon expédition paraguayenne ratée, il faudrait quand même que je vous raconte quelque chose sur ces fameuses missions jesuites.
je trouve ce sujet très interessant, parce que c'est la première fois que j'ai entendu parler d'un processus de colonisation qui se soit passé plus ou moins dans le respect des populations indigènes (je dis bien : plus ou moins. la colonisation reste de la colonisation).
en plus : ces jesuites on inventé le communisme avant l'heure - avec pour seule difference que ça a fonctionné pendant plus d'un siècle ^^

mais malgré le fait que j'ai visité ces fameuses ruines (du côté argentin seulement, vous l'aurez compris -.-), je suis encore bien mal informée sur ce sujet donc ça devra attendre :)

vendredi 3 juin 2011

horaires de bus, de traversée et autres enquiquinements

pfft. bon, cette journée faisait partie de ces journées où on a plutôt intérêt à rester positif et s'adapter, sinon c'est la catastrophe (aka : soit en crise de rage, soit en crise de larmes).

j'ai fait ma toute première expérience en Couch Surfing qui c'est plutôt bien passée je dois dire. pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, Couch Surfing est une communauté sur internet un peu dans le même genre que le covoiturage (les gens proposent un trajet de telle ville a telle ville, et les personnes qui sont intéressés les contactent, arrangent un prix et voyagent ensemble), sauf que ce qu'on propose ce n'est pas sa voiture, mais son canapé clic-clac pour la nuit (d'ou le nom de 'couch' surfing). la seule différence, c'est que c'est gratuit ! ce dernier point peut poser quelques problème dans certains cas, parce qu'il y a évidemment des gens qui en profitent et traitent leurs bienfaiteurs comme un hôtel gratuit. mais, on dirait que c'est une minorité, et en général, ça semble se passer plutôt bien.
le but de toute l'histoire, c'est bien-sûr de faire des rencontres, mais surtout d'échanger (très important, ce mot dans la vie ne général, je m'en rends de plus en plus compte). des opinions, des expériences et tout et tout.
je dois dire que je suis encore un peu mal à l'aise en me disant que, simplement parce que je le leur demande, les gens m'acceuillent chez eux, me prètent un lit, me font à manger et tout ça gratuitement. j'ai vraiment l'impression de leur devoir quelque chose en retour... mais apparamment, non.
ce qui rend les choses encore plus bizarres, c'est que ces premiers CouchSurfers qui m'ont acceuilli sont propriétaires d'un hotel. ce qui me donne l'impression de leur faire perdre de l'argent... et d'un autre côté je me dis aussi : c'est eux qui se sont inscrits sur ce site en disant qu'ils seraient prêts à loger des gens - s'ils ne voulaient pas le faire, ils auraient simplement pu dire non quand je leur ai envoyé la demande - ou encore, ne pas s'inscrire tout court...
pas facile tout ça.

bref. aujourd'hui, j'avais pour projet d'aller visiter les ruines des missions jésuites (admirablement bien conservées, paraît-il) au Paraguay. ce n'est vraiment pas loin (20 km grand maximum), le seul problème c'est qu'il y a un énorme fleuve entre les deux.
donc suivant les conseils de mes hôtes, il fallait que je prenne le bus jusque Corpus, puis un bateau pour traverser et une fois de l'autre côté, le bus jusque Trinidad. mais attention : on est dans la province ici ; même si on est en automne et qu'il ne fait plus une chaleur étouffante sur l'heure de midi, c'est la siesta obligatoire de midi à 14h (plus ou moins. généralement plus). ce qui veut dire : pas de bateau a ces heures-la, il faut donc partir assez tôt pour pouvoir traverser.
j'ai donc quitté la maison à 10h. et j'ai attendu le bus.
pendant plus d'une heure.
bon.
apres 15 min de trajet, on arrive à Corpus. je demande au chauffeur où se trouve donc cette fameuse barque. et là j'apprends qu'en fait, c'est trois kilomètres à côté du village. génial.
bon et bien on va prendre le taxi.
le temps d'arriver là-bas, il était 11h40. je me suis dit : 'bien, il reste vingt minutes, c'est bon !' je vais quand même me renseigner sur les horaires de retour.
et là on m'informe qu'en fait, la dernière barque de la matinée a déjà traversé. 'mais, et la traversée dure combien de temps ? le fleuve est très large, certes, plus ou moins 350m, mais enfin ?!!' - 'elle dure 30 min mademoiselle. la première de l'après-midi est à 14h.' - 'ah. et la dernière barque de la journée ?' - 'à 16h30'.
ce qui ne me laissait le temps de rien faire du tout.
reste plus qu'à annuler, alors.
heureusement que le taxi était encore, là !
retour à Corpus. en regardant le paysage sauvage à travers la fenêtre, j'ai demandé au chauffeur : 'au fait, il y a un bus de l'autre côté ?' - 'non, je ne crois pas. de l'autre côté, c'est comme ici ; il n'y a rien.'

génial. à ce moment-la, j'avais une forte envie de fondre en larmes. mais non, merde! les voyages, c'est comme ça. oú est passé ta capacité d'adaptation, Mathie ? donc, finalement, j'ai payé le taxi et je suis allée faire une balade dans la forêt.
la latérite rouge rouge. la végétation composée d'un mélange entre plantes familières et exotiques. dense. et des odeurs de printemps, bizarrement.
joli, mais j'ai quand mème dû attendre le bus pendant 2h30 pour rentrer. et il s'ens mis à pleuvoir sur Misiones. ce qui est pas mal pour les gens d'ici : parait que tout est asseché, alors qu'on est en automne et qu'il est censé beucoup pleuvoir à cette période.

enfin voilà. journée... ratée on va dire.
mais bon, il y en a aussi.