Trinoculaire

le carnet de voyage.
un voyage, c'est avant tout des gens qui partent (en l'occurence, juste moi) et des gens qui restent (ça, c'est vous). mais aussi des découvertes, des aventures, des futurs souvenirs, des moments difficiles, des rencontres, des sourires pleins les poches, un apprentissage, une épreuve, une récompense - une envie de partir pour mieux revenir.
et parce que tout ça, ça fait beaucoup pour une seule personne, bein autant partager !

lundi 7 mars 2011

expectations ?

J-3.

bon...




c'est normal que je sois aussi distraite ?


bref, sur mon formulaire d'inscription, j'ai dû répondre à la question : 'what are your expectations?'
sachant que le mot 'expectation' a quatre traductions possibles, la question donne à réfléchir...

1. prévision
2. attente
3. aspiration
4. exigeance

prévision. quand on voyage, ce mot à deux aspects. d'un côté il y a la prévoyance (bien se préparer, être paré contre toute éventualité... une forme de prudence, finalement) - qui est importante (très importante, même...) si on ne veut pas se casser la figure au premier enquiquinement ; d'un autre côté, l'on peut comprendre ce mot comme 'projection'. vous savez, cette chose que nous faisons tous quand nous imaginons un endroit et des gens que nous ne connaissons pas encore... se faire des films, quoi.
dangereuse entreprise. la réalité ne peut (veut ?) jamais, au grand jamais correspondre à ce que nous avons imaginé. autant bien faire la différence. ou sinon se casser le nez et les illusions en même temps et finir déçu à la ligne d'arrivée.

attente. nous attendons tous quelque chose. mais je n'aime pas ce mot, il rend passif. une fois là-bas, si j'attend que les gens viennent vers moi, si j'attend que mon espagnol s'améliore tout seul, je n'aurai pas grand-chose à raconter en rentrant...
non. ce n'est pas un mot à prendre en voyage. par contre, la patience - (in)directement liée - ça oui ! (ya plutôt intérêt - à moins qu'on éprouve un désir pressant de mourir d'énervement...)

aspiration. de nouveau : deux aspects. d'abord : les aspirateurs sont totalement inutiles (et inutilement encombrant) quand on voyage (à moins qu'on entretienne une rélation (très) spéciale avec son aspirateur et désire lui faire voir le monde). ensuite : il est important d'aspirer ("son domicile, oui") - "tais-toi un peu !", d'aspirer à quelque chose en général dans la vie... euh... laissez-moi reformuler tout ça ("ouais, t'as fini un peu avec ta prétention, tes tendances pseudo-philosophiques et moralisatrices ? - chuuuuuteuh, j'essaie de réfléchir ! - c'est ça, ô grande Mathie, fais-nous part de ta ô combien sage sagesse, on s'en f... - LA FERME !!")...
je crois qu'il est important de ne pas oublier pourquoi on entreprend un voyage. parce que entre ce à quoi on est habitué, ce qu'on découvre, ce qui nous émerveille ou nous choque et ce qui nous déstabilise, c'est plutôt facile de perdre la boussole.
on ne part jamais sans raison - que ce soit par fuite ou par recherche (en fait, on voyage souvent parce qu'on croit pouvoir ainsi échapper à quelque chose (enfin, je crois), mais j'ai l'impression que c'est le meilleur moyen pour retomber exactement sur ce qu'on fuyait. sur soi-même généralement, je dirais. on est toujours renvoyé à soi-même quand on voyage) - bref, il y a toujours un but. une aspiration donc.
mon but - c'est le titre de mon blog - c'est d'oser, apprendre à être audacieuse, et probablement aussi me trouver moi-même... difficile à dire. on en reparlera une fois que je serai rentrée.

exigeance. un drôle de mot, celui-là. il a du caractère, mais aussi quelque chose de trop rigide. voyager, c'est beaucoup, beaucoup, essayer de s'adapter le plus possible. prendre les choses comme elles viennent et faire au mieux avec ce qu'on reçoit. ce qui n'est pas possible quand on a des exigeances. celles-là, à moins qu'on ne se les pose à soi-même, mieux vaut les laisser chez soi.

finalement, on en est plus du tout au sujet initial, j'étais censée vous raconter quelles étaient mes attentes pour ce voyage.
tout ça pour vous dire : je n'en ai pas. j'ai des attentes envers moi-même, mais ça ne sert à rien d'en avoir concernant ce, celles et ceux que je vais rencontrer là-bas. ce serait absurde. les choses et les gens sont ce qu'ils sont. ce ne sont pas mes attentes qui vont les faire changer.


et c'est ainsi que se finit cette petite escapade philosophique sur le voyage, ou du moins, ce que j'entends par là. ça dérive pas mal du concept original qui prévoyait que ce blog soit plutôt un journal de bord, mais j'imagine que ça viendra...

entretemps, il faudrait que je me mette à faire ma valise, moi... 

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